Practice

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l'apprentissage de la xénophobie


              Les étrangers sont souvent surpris de la maîtrise avec laquelle les citoyens français expriment leur haine de l'autre.
                Je vais en livrer le secret : nos braves citoyens disposent d'un terrain de practice.
           Ils peuvent s'y entraîner, avec la bénédiction des autorités judiciaires, avant de passer sur le terrain de la grande xénophobie, comme d'autres passent au terrain de golf à 27 trous.


           Ce terrain de practice, ce sont les minorités hexagonales, les Bretons, les Corses, les Alsaciens, les Basques. Ces minorités ont une particularité unique : le monde entier les connait, mais la "sphère publique"  française ne les reconnait pas.
           
Pas d'existence juridique, pas de risque.  Nos sportifs du rejet peuvent se faire les muscles en toute impunité. 

       Il est des intellectuels (et des intellectuelles) anti-communautaristes qui vont jusqu'à s'indigner que les graines qu'ils (elles) ont généreusement semées se mettent à pousser, et que le racisme progresse. Ces gens-là ne connaissent rien à la botanique. Je vais finir par penser que, pour être anti-fasciste, il faut avoir des connaissances agricoles.

            Voici l'exemple. Il est nécessaire et suffisant, comme disait mon professeur de mathématiques.

Paroles (et musique, sans doute) du chanteur et humoriste français Jacky Berroyer. 2006

"Ah, connaissez-vous bien la Bretagne, avec ses femmes en coiffe et ses hommes vêtus de pagnes, leurs enfants sont hydrocéphales, les garçons aussi méchants que les filles sont sales.

( Refrain ) En Bretagne, en Bretagne, on boit du jus d'andouille et du sirop d'artichaut et nus dans la lande, ronds comme des chapeaux, on fait la nuit dans la lande des rondes à la lueur des fars aux pruneaux

Et de Quimper jusqu 'à Concarneau, on voit passer des femmes promenant des porcs dans des landaus, pendant que leurs marins de maris se soulagent dans les flots et refusent de signer le protocole de Kyoto.

Et dans les fest-noz qui sont des fêtes nases, ne vous montrez pas chauds comme la braise, vous risquez de prendre dans les grelots, par une paimpolaise, un vieux coup de sabot.

Ah ! les Bretons sont vraiment immondes, ils mangent leurs enfants au lieu de se fournir au Tiers Monde, si on leur reproche ça les fait marrer, c'est leur humour moche noir comme leur marée".
Porter plainte devant une juridiction française pour racisme, injure, incitation à la haine ?

Voici la réponse :

" J'ai l'honneur d'accuser réception de la plainte du collectif que vous présidez, du chef de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, à raison de la diffusion le 2 février 2006 sur la station de radio RTL d'une chanson de l'humoriste Jacky Berroyer consacrée à la Bretagne.

Je porte à votre connaissance les termes de la jurisprudence de la chambre criminelle de la cour de cassation, qui, dans un arrêt du 3 décembre 2002, a précisé que "la communauté corse", qui se définit "par un lien de rattachement géographique et non par rapport à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée", n'entrait pas dans le champ d'application de l'énumération susmentionnée.

J'ai donc procédé au classement sans suite de votre plainte ..."


En France, la justice est française.
Practice

Quand on veut une République une et indivisible,
on se fait les dents impunément sur les Bretons ou les Corses.

Un bon hors-d'oeuvres avant de bouffer du Juif, de l'Arabe ou du Noir .


2008 : Cette fois-ci, ce sont les Ch'tis qui sont dans la cible

Banderole Ch'ti
Le lundi 29 mars 2008, lors du match de football entre l'équipe de Lens et celle du Paris-Saint-Germain, les supporters parisiens ont déployé une banderole de 25 m : "Pédophiles, chômeurs, consanguins :
 bienvenue chez les Ch'tis".

En marge du match, des incidents à caractère raciste ont aussi eu lieu, toujours à l'initiative de supporters parisiens.

Plusieurs journaux français ont publié des courriers de soutien aux supporters du PSG. Ces derniers seraient-ils racistes quand ils insultent les noirs, mais marrants quand ils insultent les "provinciaux" ? Pour un peu, ils s'étonneraient que nous ne voulions pas être leurs chiens.

Pour nos bons républicains, les communautés n'existent pas ; sauf quand ils veulent leur cracher dessus.
Le règlement de la FIFA (Fédération internationale de Football) précise : “Si des joueurs, des officiels d’associations ou de clubs, ou des spectateurs font preuve de quelque façon que ce soit d’un comportement raciste ou inhumain au sens des alinéa 1 et/ou 2 du présent article, l’équipe à laquelle ces personnes sont rattachées, tant que possible, se verra retirer d’emblée trois points dès la première infraction...... Pour des matches où aucun point n’est attribué, l’équipe concernée, dans la mesure où on peut l’identifier, sera disqualifiée.”
Evidemment, s'agissant d'un club bien français, parisien de surcroît, ce règlement international ne s'applique pas.

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ContreCulture / Practise version 1.1